Le feu continu (ou devrait t-on plutôt dire braises continues) consiste à faire en sorte qu’un poêle  brûle du bois sur une longue période (souvent la nuit) en produisant une chaleur faible.
Pour obtenir cet effet, il faut charger le poêle à son maximum et fermer les arrivées d’air. La combustion sera alors lente. Cette utilisation était surtout en vogue dans les années 70-80 et encore quelque peu aujourd’hui malheureusement.
Techniquement, il est déraisonnable de faire fonctionner un poêle à bois de cette façon, puisque la combustion n’est pas complète ; elle est même catastrophique d’un point de vue économique et environnemental.

Que se passe-t-il lors d’une combustion lente ?

Comme cette utilisation oblige à fermer les arrivées d’air, le feu s’étouffe. La température de combustion est alors sous le point d’ignition des produits volatils. En réalité, cette utilisation transforme les poêles en fabriques à charbon et fumées. Ils émettent beaucoup de sous-produits de combustion non oxydés, le goudron entre autres qui deviendra du créosote en se condensant sur les parois froides du conduit de fumée. Quant au carbone, faute d’oxygène, il se transformera en CO (monoxyde de carbone) et en particules de suie. Une fumée visible, plus ou moins noirâtre, sortira alors de la cheminée, causée par le passage de la combustion en mode carbonisation.

La combustion « lente » allonge donc le temps de dégagement de rayonnement infrarouge, mais au prix d’une forte augmentation des polluants tels les particules fines, les COV non brûlés et les HAP, en plus de causer du tort aux conduits de fumée en y faisant condenser le créosote.

Pour juger de la qualité d’une combustion, il suffit d’observer les dégagements de fumée à la sortie de toit du conduit de cheminée. Une fumée visible sera le signe d’une combustion incomplète.